Traiter durablement le syndrome d'apnées obstructives du sommeil en agrandissant les voies aériennes : l'avancée maxillo-mandibulaire est le traitement chirurgical le plus efficace du SAOS de l'adulte.
Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Chez certaines personnes — en particulier lorsque les mâchoires sont en retrait —, la langue et le voile du palais reculent alors et ferment le passage de l'air : la respiration s'interrompt quelques secondes, plusieurs dizaines voire centaines de fois par nuit. C'est le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS).
Les conséquences dépassent largement le ronflement : sommeil non réparateur, somnolence dans la journée, troubles de la concentration et de l'humeur — et à long terme un risque accru d'hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires et d'accidents liés à la somnolence. Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil (polygraphie ou polysomnographie), qui mesure notamment l'index d'apnées-hypopnées (IAH).
Le traitement de première intention du SAOS est la ventilation en pression positive continue (PPC), efficace mais contraignante : appareil porté toutes les nuits, à vie. L'orthèse d'avancée mandibulaire est une alternative pour les formes modérées. Mais lorsque la PPC n'est pas tolérée, ou que l'anatomie s'y prête — mâchoires en retrait, voies aériennes étroites —, la chirurgie offre une solution définitive.
L'avancée maxillo-mandibulaire consiste à avancer ensemble la mâchoire supérieure (ostéotomie maxillaire Le Fort I) et la mâchoire inférieure (ostéotomie mandibulaire sagittale), d'environ un centimètre. La langue, le voile du palais et les muscles du pharynx, qui s'attachent sur ces os, sont entraînés vers l'avant : le carrefour aérien est élargi de façon permanente, dans toutes ses dimensions.
C'est le traitement chirurgical du SAOS dont l'efficacité est la mieux démontrée chez l'adulte : les études rapportent un succès dans 80 à 90 % des cas, avec une réduction majeure et durable de l'IAH, souvent la possibilité d'abandonner la PPC.
Le bilan associe l'enregistrement du sommeil, l'examen clinique des voies aériennes et des mâchoires, et une imagerie 3D qui permet de mesurer le calibre aérien et de planifier virtuellement l'avancée. La décision se prend en concertation avec votre médecin du sommeil (pneumologue ou ORL) ; une préparation orthodontique est parfois utile pour optimiser l'engrènement dentaire final, mais n'est pas toujours indispensable dans cette indication fonctionnelle.
L'intervention se déroule sous anesthésie générale, en deux à trois heures, par voies endobuccales exclusives — aucune cicatrice visible. Les mâchoires sont fixées dans leur nouvelle position par mini-plaques en titane. L'hospitalisation dure une à deux nuits, avec le protocole de récupération améliorée habituel.
Les suites sont celles d'une chirurgie bimaxillaire : œdème deux à trois semaines, alimentation adaptée un mois, reprise du travail en trois à quatre semaines. De nombreux patients décrivent une amélioration du sommeil dès les premières semaines ; un enregistrement de contrôle, à distance, objective le résultat.
L'avancée des deux mâchoires projette le profil vers l'avant : menton mieux dessiné, angle cervico-mentonnier ouvert, cou raffermi. Chez la plupart des patients — souvent porteurs d'un profil en retrait —, ce changement est perçu comme un rajeunissement naturel du visage. L'ampleur de l'avancée est définie lors de la planification osseuse et discutée avec vous en consultation.
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