Ostéotomie maxillaire

Repositionner la mâchoire supérieure dans les trois dimensions — avancée, impaction, rotation — pour corriger l'articulé, le sourire gingival ou libérer la respiration.

De quoi s'agit-il ?

L'ostéotomie maxillaire — dite de Le Fort I, du nom de son tracé — permet de mobiliser d'un bloc la mâchoire supérieure et l'arcade dentaire qu'elle porte. Une fois libéré, le maxillaire peut être avancé, reculé, remonté (impaction, notamment en cas de sourire trop gingival), abaissé ou pivoté pour corriger une asymétrie ou une bascule du plan du sourire. Il est ensuite fixé dans sa nouvelle position par des mini-plaques en titane.

C'est une intervention extrêmement codifiée, pratiquée depuis des décennies, que la planification 3D a rendue d'une précision remarquable : chaque déplacement est décidé au dixième de millimètre avant l'opération, puis transféré au bloc par des guides sur mesure.

Dans quels cas est-elle indiquée ?

  • Maxillaire en retrait (profil creusé, impression de menton « trop fort » alors que c'est le haut qui manque) ;
  • Sourire gingival : gencive trop visible au sourire, corrigée par impaction du maxillaire ;
  • Béance antérieure : les dents du haut et du bas ne se touchent pas à l'avant ;
  • Asymétrie ou bascule du plan d'occlusion ;
  • Syndrome d'apnées obstructives du sommeil : l'avancée maxillaire, souvent combinée à l'avancée mandibulaire (chirurgie bimaxillaire), agrandit durablement les voies aériennes.

Comment se déroule l'intervention ?

Sous anesthésie générale, par une incision entièrement cachée dans le vestibule de la bouche, au-dessus des racines dentaires. L'intervention dure une heure et demie à deux heures. Là encore, l'approche est mini-invasive : décollement limité au strict nécessaire, ostéotomies fines réalisées à la piézochirurgie, respect des axes vasculaires. La consolidation est favorisée par la grande vascularisation naturelle du maxillaire.

Lorsque le décalage concerne les deux mâchoires, l'ostéotomie maxillaire est associée dans le même temps opératoire à une ostéotomie mandibulaire — on parle de chirurgie bimaxillaire — et parfois complétée par une génioplastie pour finaliser l'équilibre du profil.

Et après ?

Une à deux nuits d'hospitalisation suffisent le plus souvent. L'œdème prédomine sur la lèvre supérieure et les joues et s'estompe en deux à trois semaines ; le nez peut être discrètement congestionné les premiers jours. L'alimentation suit la même progression que pour la mandibule : mixée, puis molle, pendant environ un mois.

Une diminution transitoire de la sensibilité de la lèvre supérieure, des ailes du nez ou des gencives est fréquente et récupère en règle générale en quelques semaines. Les dents du maxillaire peuvent sembler « endormies » quelque temps : leur sensibilité revient également. Reprise du travail après quatre semaines, du sport après six semaines.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

Qu'est-ce qu'une chirurgie « bimaxillaire » ?
C'est l'association, dans la même intervention, d'une ostéotomie maxillaire et d'une ostéotomie mandibulaire. Elle s'impose quand le décalage concerne les deux mâchoires, ou quand la correction d'une seule ne suffirait pas à rétablir à la fois l'occlusion, l'esthétique et la respiration. La logistique reste la même pour le patient : une seule anesthésie, une seule hospitalisation, une seule convalescence.
Le sourire gingival peut-il vraiment disparaître ?
Oui. Quand la gencive se découvre trop au sourire parce que le maxillaire est trop « long », l'impaction maxillaire remonte l'ensemble dents-gencive sous la lèvre : le sourire redevient dentaire. La hauteur d'impaction est planifiée au millimètre lors de la planification 3D, en tenant compte de votre ligne de sourire au repos et en sourire forcé.
Est-ce que la forme de mon nez va changer ?
L'ostéotomie maxillaire peut modifier discrètement la base du nez : une avancée tend à ouvrir légèrement les narines et à soutenir la pointe. Ces effets sont anticipés lors de la planification, et des gestes de contrôle de la base narinaire sont réalisés en fin d'intervention pour les maîtriser. Signalez toute attente particulière concernant votre nez dès la consultation.
Peut-on respirer normalement après l'opération ?
Oui — la respiration nasale est souvent améliorée à distance, surtout en cas d'avancée. Les premiers jours, un œdème de la muqueuse nasale peut donner une sensation de nez bouché, comme un gros rhume ; elle disparaît en une à deux semaines. Chez les patients apnéiques, l'avancée maxillo-mandibulaire est l'un des traitements chirurgicaux les plus efficaces du SAOS.
Quels sont les risques de cette intervention ?
Comme toute chirurgie : saignement, infection (rare, prévenue par l'antibioprophylaxie et l'hygiène buccale), baisse transitoire de sensibilité de la lèvre supérieure, exceptionnellement retard de consolidation. Les complications sérieuses sont rares dans les équipes entraînées, et la planification 3D contribue à sécuriser chaque étape. Le Dr Galli les détaille en consultation, avec la fiche d'information de la société savante.
Combien de temps avant de retrouver un visage « normal » ?
Vous êtes présentable au quotidien après une quinzaine de jours — l'œdème restant se remarque surtout de vous-même. Le résultat esthétique s'apprécie à trois mois et se finalise sur l'année, avec la fin du traitement orthodontique.

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