Ostéotomie mandibulaire

Avancer, reculer ou recentrer la mâchoire inférieure pour retrouver un engrènement dentaire stable, un profil équilibré et des fonctions préservées — par voie exclusivement endobuccale.

De quoi s'agit-il ?

L'ostéotomie mandibulaire est l'intervention de référence pour corriger un décalage de la mâchoire inférieure : menton et dents du bas trop en arrière (rétromandibulie), trop en avant (promandibulie), ou déviés d'un côté (asymétrie). Le principe : libérer l'os selon un tracé précis afin de mobiliser la partie qui porte les dents jusqu'à la position planifiée, puis la fixer avec des mini-plaques et vis en titane, un matériau parfaitement toléré qu'on ne retire généralement pas.

La technique utilisée est l'ostéotomie sagittale des branches montantes : le trait d'ostéotomie longe l'os sur plusieurs centimètres, ce qui offre une grande surface de contact entre les fragments — gage d'une consolidation solide — et permet des déplacements dans toutes les directions.

Dans quels cas est-elle indiquée ?

  • Menton et arcade dentaire inférieure en retrait, avec un profil « fuyant » ;
  • Mâchoire inférieure trop projetée, dents du bas mordant devant celles du haut ;
  • Asymétrie du bas du visage ;
  • Troubles fonctionnels associés : mastication inefficace, usure dentaire anormale, douleurs de l'articulation temporo-mandibulaire ;
  • Certains syndromes d'apnées obstructives du sommeil, où l'avancée mandibulaire (souvent associée à une avancée maxillaire) libère le passage de l'air.

Comment se déroule l'intervention ?

L'opération se déroule sous anesthésie générale et dure environ une heure et demie. Les incisions sont entièrement cachées à l'intérieur de la bouche. Le Dr Galli privilégie une approche mini-invasive : décollements limités, instrumentation fine — dont la piézochirurgie (ultrasons), qui travaille l'os en douceur en respectant nerfs et tissus mous — et gestes raccourcis grâce à la préparation numérique.

Chaque déplacement a été simulé au préalable lors de la planification 3D : des gouttières chirurgicales imprimées sur mesure transfèrent au bloc la position exacte prévue, à moins d'un millimètre près. C'est cette précision qui conditionne la qualité de l'engrènement dentaire final.

Et après ?

L'hospitalisation dure généralement une à deux nuits. Les mâchoires ne sont pas bloquées : de discrets élastiques guident simplement l'occlusion pendant quelques semaines. L'œdème des joues, maximal vers le deuxième jour, régresse nettement en deux à trois semaines. L'alimentation est mixée puis molle pendant environ un mois, le temps de la consolidation.

La sensation la plus fréquente est un engourdissement de la lèvre inférieure et du menton, lié à la proximité du nerf alvéolaire inférieur avec le trait d'ostéotomie. Il régresse dans la grande majorité des cas en quelques semaines à quelques mois ; une hypoesthésie résiduelle localisée est possible mais rarement gênante au quotidien. La reprise du travail se fait le plus souvent après quatre semaines, le sport après six semaines.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

Vais-je avoir les mâchoires bloquées après l'opération ?
Non. Le blocage intermaxillaire rigide appartient au passé : la fixation par mini-plaques en titane est suffisamment stable pour s'en passer. De petits élastiques, posés sur les attaches orthodontiques, guident simplement vos mâchoires vers la nouvelle occlusion pendant quelques semaines. Vous pouvez parler dès le réveil et vous alimenter (mixé) dès le lendemain.
L'engourdissement de la lèvre est-il définitif ?
Une diminution de sensibilité de la lèvre inférieure et du menton est quasi constante au début : le nerf alvéolaire inférieur, qui chemine dans la mandibule, est contusionné par l'intervention. La sensibilité revient progressivement en quelques semaines à quelques mois. Une zone d'engourdissement résiduel est possible dans une minorité de cas — elle reste rarement gênante. Les techniques mini-invasives et la piézochirurgie réduisent ce risque.
Est-ce que l'opération est douloureuse ?
Moins qu'on ne l'imagine. La douleur est généralement modérée, bien contrôlée par des antalgiques simples, et cède en quelques jours. C'est l'œdème et la fatigue des premiers jours qui marquent le plus les patients — d'où l'intérêt du protocole de récupération améliorée (glace, corticoïdes, alimentation adaptée) mis en place systématiquement.
Les plaques en titane doivent-elles être retirées ?
Non, sauf exception. Le titane est biocompatible : il ne déclenche ni rejet ni allergie notable, ne sonne pas aux portiques d'aéroport et n'empêche pas de passer une IRM. On ne retire les plaques que si elles deviennent gênantes ou en cas d'infection localisée — situation peu fréquente.
Mon visage va-t-il beaucoup changer ?
Le changement porte sur l'équilibre du profil : un menton qui trouve sa juste place, un cou mieux dessiné, des proportions harmonisées. Les changements attendus sont discutés en détail avec vous en consultation — l'objectif est un visage qui reste le vôtre, simplement équilibré.
Quand verra-t-on le résultat définitif ?
L'essentiel de l'œdème disparaît en trois semaines, mais les tissus continuent de s'affiner pendant plusieurs mois : le résultat s'apprécie vraiment vers trois mois, et définitivement vers six mois à un an, une fois l'orthodontie de finition terminée.

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