Mâchoire en retrait (rétrognathie ou rétrognathisme) ou trop en avant (prognathie ou prognathisme) : ce que signifient ces diagnostics, leurs conséquences, et comment la chirurgie orthognathique les corrige.
Ces termes décrivent la position des bases osseuses des mâchoires l'une par rapport à l'autre et par rapport au reste du visage. On parle de rétrognathie — ou rétrognathisme, les deux mots sont strictement synonymes — lorsqu'une mâchoire est trop en retrait, et de prognathie — ou prognathisme — lorsqu'elle est trop en avant.
Chacune peut concerner la mâchoire inférieure (mandibule) ou la mâchoire supérieure (maxillaire) :
En orthodontie, ces situations correspondent aux classes II et III squelettiques. Le diagnostic précis — quelle mâchoire, dans quel sens, de combien — repose sur l'examen clinique et l'analyse céphalométrique réalisés en consultation. C'est lui qui détermine le traitement.
Un décalage des mâchoires n'est pas qu'une question de profil. Selon son sens et son importance, il peut entraîner une mastication inefficace, une usure dentaire anormale, des difficultés à fermer les lèvres sans effort, des troubles de l'articulation temporo-mandibulaire, une élocution modifiée — et, dans la rétrognathie mandibulaire notamment, un rétrécissement des voies aériennes qui favorise ronflements et apnées du sommeil. C'est pour ces raisons fonctionnelles que la correction chirurgicale est reconnue comme un acte thérapeutique, non esthétique.
Lorsque le décalage est squelettique, l'orthodontie seule ne suffit pas : elle aligne les dents, mais ne déplace pas l'os. Le traitement de référence est ortho-chirurgical : une préparation orthodontique, puis une ostéotomie qui repositionne la ou les mâchoires en bonne place, et des finitions orthodontiques.
Concrètement, une rétrognathie ou une prognathie mandibulaire se corrige par une ostéotomie mandibulaire — avancée ou recul de la mâchoire inférieure ; un décalage du maxillaire relève de l'ostéotomie maxillaire (Le Fort I) ; et les décalages combinés, d'une chirurgie bimaxillaire. Lorsque le menton reste en retrait après repositionnement — ou en cas de rétrogénie isolée — une génioplastie complète le geste.
Au cabinet, ces interventions sont réalisées en techniques mini-invasives : voie endobuccale exclusive sans cicatrice visible, piézochirurgie, et planification 3D des déplacements osseux au dixième de millimètre. Les suites en sont nettement adoucies : mâchoires jamais bloquées, une à deux nuits d'hospitalisation, reprise du travail en deux à quatre semaines.
Dès que le décalage vous gêne — fonctionnellement ou dans le regard que vous portez sur votre profil — ou dès qu'un orthodontiste ou un dentiste l'évoque. Chez l'adolescent, le bon timing se discute avec l'orthodontiste en fonction de la fin de croissance ; chez l'adulte, il n'y a pas d'âge limite. La consultation permet de poser le diagnostic exact, d'exposer le plan de traitement et son déroulé, et de répondre à toutes vos questions.
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