Votre orthodontiste a parlé de « classe II » ou de « classe III » : ce que signifie ce diagnostic, la différence entre décalage dentaire et squelettique, et les traitements possibles à l'âge adulte.
Les orthodontistes classent la façon dont les mâchoires et les dents s'emboîtent en trois grandes catégories. La classe I est l'emboîtement de référence : les arcades dentaires se correspondent. La classe II décrit une arcade inférieure en retrait par rapport à l'arcade supérieure — le plus souvent parce que la mâchoire inférieure est trop courte ou reculée. La classe III décrit l'inverse : l'arcade inférieure est en avant — mâchoire inférieure trop projetée, mâchoire supérieure en retrait, ou les deux.
Une distinction change tout : le décalage peut être dentaire — les mâchoires sont bien positionnées, seules les dents sont mal orientées — ou squelettique — ce sont les bases osseuses elles-mêmes qui sont décalées. Un décalage dentaire relève de l'orthodontie seule ; un décalage squelettique marqué, chez l'adulte, relève du traitement ortho-chirurgical. C'est l'analyse céphalométrique qui fait la part des choses.
C'est la forme la plus fréquente. La mandibule en retrait donne un profil « fuyant », un menton effacé, des dents du haut qui recouvrent largement celles du bas — et, au-delà du profil, une mastication moins efficace, une usure dentaire anormale et un risque accru de ronflements et d'apnées du sommeil, la langue reculant avec la mâchoire. C'est la rétrognathie mandibulaire ; sa correction de référence est l'avancée mandibulaire, parfois complétée d'une génioplastie.
Le menton et l'arcade inférieure avancent, les dents du bas mordent devant celles du haut — l'« articulé inversé ». Derrière cette apparence, l'analyse révèle souvent que le vrai responsable est un maxillaire en retrait plutôt qu'une mandibule réellement trop longue. Selon les cas, la correction passe par une avancée maxillaire (Le Fort I), un recul mandibulaire, ou une chirurgie bimaxillaire qui repositionne les deux mâchoires dans le même temps opératoire.
Chez l'adulte, un décalage squelettique ne se corrige plus par la croissance : le traitement associe une préparation orthodontique — bagues ou aligneurs —, l'ostéotomie qui repositionne les bases osseuses, puis des finitions orthodontiques. Au cabinet, la chirurgie est réalisée en techniques mini-invasives : voie endobuccale exclusive sans cicatrice visible, piézochirurgie, planification 3D des déplacements osseux au dixième de millimètre. Les mâchoires ne sont jamais bloquées, l'hospitalisation dure une à deux nuits, et le travail reprend en deux à quatre semaines.
La démarche est toujours coordonnée avec votre orthodontiste : objectifs définis ensemble, comptes rendus à chaque étape, retour pour les finitions dès la consolidation — le déroulé complet est détaillé sur la page parcours patient.
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