Douleur, cicatrice, suites, coût, alternatives : les dix questions les plus fréquentes en consultation sur la chirurgie du menton — et leurs réponses, sans détour.
Publié le 29 septembre 2026 · Dr Philippe Galli, chirurgien maxillo-facial à Marseille
La génioplastie est l'une des interventions les plus demandées en consultation — et l'une de celles qui suscitent le plus de questions. En voici dix, posées presque à chaque première consultation, avec des réponses directes.
Oui. Les trois termes désignent la même intervention : le repositionnement chirurgical du menton. Le chirurgien mobilise le fragment osseux du menton, le déplace dans la position souhaitée — en avant, plus haut, ou latéralement pour corriger une asymétrie — puis le fixe par de discrètes mini-plaques en titane. « Génioplastie » est le terme employé en chirurgie maxillo-faciale ; « mentoplastie » est son synonyme courant.
La génioplastie utilise votre propre os : le résultat est définitif, réglable dans les trois dimensions, sans corps étranger au contact de l'os. L'implant, plus simple en apparence, expose à long terme à des risques de déplacement, d'infection ou d'érosion osseuse. Dans la grande majorité des situations, la génioplastie est la solution la plus durable.
C'est LA question à trancher avant toute décision. Un menton en retrait peut être isolé — les dents s'emboîtent normalement, seul le menton manque de projection — ou n'être que la partie visible d'une rétrognathie mandibulaire : toute la mâchoire inférieure est en retrait. Dans ce second cas, avancer uniquement le menton laisserait le décalage dentaire et fonctionnel en place — c'est une ostéotomie mandibulaire qui s'impose. L'examen clinique et l'analyse céphalométrique font la différence.
Moins qu'on ne l'imagine. La gêne principale des premiers jours vient de l'œdème et de la tension de la lèvre inférieure, pas d'une douleur vive : des antalgiques simples suffisent dans l'immense majorité des cas. Un engourdissement transitoire de la lèvre est fréquent et régresse en quelques semaines.
Les deux ou trois premiers jours, l'œdème s'installe — alimentation molle, froid, bains de bouche. La première semaine, le gonflement culmine puis décroît. Vers quinze jours, l'œdème a majoritairement régressé : la reprise du travail est possible selon l'activité. Le sport reprend progressivement à un mois. L'intervention elle-même dure 45 à 60 minutes, en ambulatoire ou avec une nuit d'hospitalisation.
Non. L'incision est entièrement cachée à l'intérieur de la lèvre inférieure, avec des sutures résorbables : aucune cicatrice visible, quel que soit le geste réalisé. Passé l'œdème des premières semaines, l'entourage perçoit un profil plus équilibré sans pouvoir dire pourquoi.
Oui. L'os consolide en environ trois mois — c'est à ce moment que le résultat définitif s'apprécie pleinement — et le déplacement est ensuite stable à vie. Le vieillissement naturel des tissus se poursuit, mais la charpente osseuse corrigée continue de soutenir le menton et le cou.
À titre indicatif, entre 1 500 € et 2 500 € selon le geste — avancée simple, correction tridimensionnelle, ou association à une autre intervention. Un devis personnalisé est remis dès la première consultation, avant toute décision. Et lorsque la génioplastie corrige un trouble fonctionnel, elle s'inscrit dans un cadre reconnu par l'Assurance Maladie — les modalités sont détaillées sur la page Tarifs & prise en charge.
Oui, pour les demandes modérées : la génioplastie médicale, par injections d'acide hyaluronique au contact de l'os. Séance de trente minutes au cabinet, résultat immédiat et réversible, durable douze à dix-huit mois. C'est souvent une manière d'apprivoiser un changement avant d'envisager — ou non — une correction définitive. Le point de départ reste le même : comprendre ce qui manque à votre profil, ce qu'explique la page menton fuyant.
Parce que le menton est un os de la mandibule — et que la mandibule est le cœur de métier du chirurgien maxillo-facial. Concrètement : la maîtrise du trajet du nerf mentonnier et des racines dentaires, la piézochirurgie qui respecte les tissus, la planification précise des déplacements osseux, et surtout le diagnostic complet — vérifier que c'est bien le menton, et non la mâchoire entière, qui est en cause, avant un geste définitif.
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Deux questions de cet article, en images.
Génioplastie ou chirurgie des mâchoires ?
Le menton peut transformer un profil
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